Chapelle d’Aubune La communauté  Galerie photos Le blog Horaires de la messe

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Lorsque nous sommes devant ce monument, ce qui frappe immédiatement, c’est l’harmonieuse sérénité dégagée par ce site enchanteur.

 On se sent transporté tout à coup dans l’Antiquité, on sent que l’endroit, au coeur de la Provence,  vibre d’un très ancien passé…

C’est une célébration de la beauté simple et tranquille d’une nature en parfait accord avec l’humain. On perçoit que l’homme à apprivoisé et domestiqué le lieu, et sculpté l’espace en construisant des terrasses qu’il a cultivées et agrémentées de vignes, d’oliviers, de cyprès et de figuier.

En contemplant ce monument, il semble que l’on touche au sommet de la culture méditerranéenne dans ce qu’elle possède de plus simple et de plus civilisé quant à son architecture et son génie de paysage.

LES TROIS TABLEAUX XVII ème DE NOTRE DAME d’AUBUNE

Le premier « LA PESTE » est l’œuvre du peintre Calvet, offert en ex voto par les consuls de Beaumes, il fut mis en place dans la chapelle le 16 novembre 1632. Il commémore la peste de 1628 qui sévit dans la région et en particulier à Beaumes de Venise où elle fit d’atroces ravages : sur 500 personnes contaminées, 200 moururent. Il est actuellement accroché au mur du collatéral nord de la chapelle.

Deux hommes, une femme et un enfant exhibent leurs bubons. La noblesse, le peuple et le clergé sont représentés, les hommes à gauche, les femmes à droite, les nobles occupant la position centrale.

Une ligne de nuages sombres délimite la séparation entre le ciel et la terre, on distingue au centre Marie, tenant dans ses bras l’enfant Jésus, sa mère Anne, et St Sébastien, St Pierre, St Roch et St Nazaire.

Le peintre a figuré le blason de la communauté en bas et au centre du tableau. Il s’agit d’un écusson avec un seul tau représentant une communauté chrétienne unique, alors que par la suite le blason de Beaumes comportera trois tau d’or sur fond azur.

En bas à gauche du tableau, on peut lire l’indication :

PESTIS CAUSA BALMENSES

VOVERU(N)T ET VOTA DEO VIRGINI(QUE)

RED(D)IDERU(N)T 1629

La traduction est la suivante :

« Pour (conjurer) la peste, les Balméens avaient fait des vœux, et ils se sont acquittés de leurs vœux à Dieu et à la Vierge (en faisant peindre ce tableau). 1629.

Pour la commune de Beaumes-de-Venise, ce tableau est un témoignage historique de très grande importance avec :

• L’épidémie de 1628 représentant le clergé, la noblesse et le tiers Etat !

• La composition avec les hommes à gauche, les femmes à droite, la noblesse au centre. Au ciel, la vierge portant l’enfant Jésus, entourée des saints.

• Respect de la figuration des personnages et de la dédicace par le peintre.

• Le texte des commanditaires

• L’épigraphie latine de l’ex-voto

• Le blason de la commune avec un seul Tau, alors que nous ne connaissions qu’un blason renfermant trois Tau symbolisant les trois communautés chrétiennes d’Aubune, de Beaumes et de saint Véran.

Le deuxième, « MARTYRE DE JOSEPH DE LEONESSA » représente un moine, St Joseph de Leonessa (1556-1612) dont le peintre a illustré le martyre. Né en 1556 à Leonessa en Ombrie (Italie) dans une famille riche, Eufranio Desiderio, frère mineur capucin, fut envoyé en mission en 1587 à Constantinople pour assister les chrétiens employés dans les galères. Prêchant la foi chrétienne auprès des Turcs, le Sultan le condamna au supplice. Le tableau figure, en miniature, en bas à gauche du tableau, la scène du martyre. Le moine est pendu par des crochets à une potence, au-dessus d’un feu, par le pied gauche et la main droite qui saignent, et brandit un crucifix en direction de son bourreau maure qui paraît épouvanté. Un autre Turc, enturbanné et barbu, assis, adossé au pied de la potence, semble indifférent à la scène.

Il fut miraculeusement délivré, par un ange. Une fois libéré, il retourna en Italie en compagnie d’un archevêque grec orthodoxe qu’il réussit à rallier à l’église catholique. Il se consacra à secourir les pauvres pèlerins en quêtant pour eux de la nourriture et en les hébergeant, nettoyant leurs vêtements et soignant les malades Il mourut le 4 février 1612, et fut canonisé par le pape Benoît XIV, en 1745.

Ces deux tableaux constituent d’importants témoignages « journalistiques » du XVIIème siècle.

Le troisième, « CHEMIN DE CROIX » d’origine inconnue, représente une scène du chemin de croix du Christ. Cette œuvre met en scène neuf personnages : le Christ, un genou à terre, occupe le centre de la composition. Trois soldats présentant des tenues différentes sont à gauche du tableau, à droite se trouvent Marie, Marie-Madeleine, Marie Salomé, Jean et Véronique qui s’apprête à essuyer le visage du Christ. Seule, cette dernière regarde le visage de ce dernier dont l’intensité du regard est impressionnante. Les attitudes, les visages et la composition du tableau sont remarquables.

On peut constater sur tous ces tableaux de fortes craquelures de la peinture, des altérations des couleurs, une épaisse couche de crasse ainsi que des attaques fongiques et des parties de toiles déteriorées avec perte de matière. Les cadres sont fortement attaqués par les xylophages. Protection et restauration de ces oeuvres ont été demandées par la commune de Beaumes de Venise.

Événements à venir

Il n’y a aucun évènement à venir.

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